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La Mère Mékong

Les nouvelles aventures de Patricia, hic et nunc

Chapitre 6 : On dirait le Sud ...

Publié le 28 Novembre 2022 par Patricia

Chapitre 6:  On dirait le sud ...

 

Préface 

 

Désolée pour les photos sans légende, je ne gère pas la mise en page, en direct du Vietnam. J'ai de  petites mains qui font ça très bien pour moi, en France.  J'ai délégué,  faute de réseau vietnamien. Merci à lui, mon associé volontaire  !

 

 

Ha Tien

Bordant le golfe de Thaïlande, c'était le Cambodge ici, jusqu'en 1708. La ville est étendue, avec de larges avenues, sans beaucoup de voitures, et avec quelques grandes constructions modernes qui émergent le long de la côte et même en ville.

 

Jour 24, samedi 19

Première nuit pluvieuse, dans un hôtel calme. On entend même les oiseaux chanter. En fait, nous le découvrirons plus tard, ce sont des enregistrements d'oiseaux, destinés à les attirer et à récolter leurs nids.

Lever sans réveil. Lever avec soleil.

Après de nombreux pourparlers, entre nous, puis avec le personnel de l'hôtel River (où il parle anglais), nous partons avec un chauffeur pour visiter différents sites éparpillés dans la ville et aux alentours. Il n'y a pas de vélo au grand dam de ces dames.

Visite de la pagode Tam Bao, qui accueille des nonnes bouddhistes. Au milieu de tous ces bouddhas souriants et tranquilles, debout sur une fleur de lotus, se trouve la déesse de la miséricorde, Quan The Am Bo Tat, que l'on peut croiser souvent ici, même sur les tableaux de bord des véhicules. Le jardin est paisible, plein de fleurs d'orchidées magnifiques.

Nous enchainerons les visites. Notre chauffeur ne parle pas anglais. Il suit la liste que nous lui avons présentée. Les tombeaux du gouverneur Mac Cuu (gouverneur chinois du 18e siècle, nommé par les Khmers) et ceux de sa famille, sur une colline très verdoyante.

La pagode bouddhique de la grotte de Tach Dong, dans une montagne karstique, du haut de laquelle nous pouvons voir le Cambodge.

Nous allons enfin à la plage très prisée de la région, à Mui Nai. Les Vietnamiens, touristes locaux, se baignent tout habillés, et se font prendre en photo par un photographe dans l'eau, tout habillé lui aussi. Des restaurants proposent des poissons ou fruits de mer grillés. Nous sommes un peu pressées par le temps ! Ah ah ! Pascale aurait bien mis son maillot de bain, mais nous la dissuadons facilement.

 

Retour par le monastère de Ngoc Tien.

Plus stop à la gare des bus et retour en ville. Ouf !

Dîner au marché de nuit, un plat basique de riz et garniture, mais petite sucrerie pour finir avant de rentrer nous coucher : une crème renversée

 

 

Jour 25, dimanche 20 novembre

Départ pour Chau Doc. Nous avons rendez-vous à la gare routière à 8 heures. Notre taxi commandé le veille

 

n'est toujours pas arrivé à 7h50. Nous appelons un autre taxi. Celui-là joue les Fangio et nous avons cru que nous arriverions à la morgue avant la station. Au bout du compte, rien ne sert de courir,  c'est bien connu...notre bus n'est pas prêt à partir et l'heure du départ est repoussée à... aucune idée, aucune information. Nous avons le temps d'aller prendre un petit déjeuner zen.

8h30, nous partons avec un bus "couchette". Nous sommes les seules passagères.

Nous ramassons quelques passagers sur le bord de la route. Elle longe  la frontière, est entourée d'eau de part et d'autre, canaux ou champs inondés. Les maisons qui la bordent sont, pour la plupart, en taule ondulée, avec juste le minimum,  genre télévision à écran plat et réfrigérateur (pas sûr). Et wifi ou air conditionné (ou les deux).

A côté de ça, on peut apercevoir de grands silos, en béton,  sur plusieurs niveaux,  ou encore, une grande maison de "riche", style palace, avec marbre et colonnes doriques, qui n'a rien du style vietnamien. Il y en a.

Envie pressante soudaine. Nous avons bu tellement de thé au jasmin ce matin ! Le chauffeur reste impassible à nos premières revendications. 15 minutes plus tard, il cède à nos réclames et nous arrête exceptionnellement chez un client. Merci. Il fait tellement froid dans ce bus et sa secoue tant la vessie !

Arrêt sur un terreplein central, à 10h45. Nous  sommes arrivées.  Le chauffeur décharge nos bagages et "démerden Sie sich". C'est assez culotté pour ici. Nous rencontrons finalement une famille très sympa, comme souvent, qui nous aide et contacte notre hôtel. Tout s'arrange avec des sourires, des mercis, des photos et un taxi. C'était un peu loin pour y aller à pied avec notre chargement !

Nous rencontrons un guide à l'hôtel, Vang, pour l'après-midi (et le lendemain).

Excursion sur une petite pirogue à moteur vers le village flottant, sur le Bassac, affluent du Mékong. Là,  les villageois font de l'élevage de poissons. Un dilemme bat son plein concernant l'alimentation de ces poissons. Chinoise ou locale ?

Nous observons ces maisons faites de bric et de broc, de vieilles planches et de zinc, de chiffons et de plastiques, qui reposent sur de gros bidons, flottent et ont l'air assez miséreux. Certaines sont arrangées avec des plantes vertes. Les villageois regagnent la ville par bateau. Ils vivent là, du commerce de poissons.

Nous continuons à pied vers un village cham, musulman. Une femme tisserande nous accueille et nous montre son travail. Nous lui achèterons deux écharpes traditionnelles. Ici encore,  ce village, jonché de détritus,  nous semble très pauvre, mais les enfants sont là,  heureux, jouant avec une bouteille en plastique ou avec un volant, nous saluant. Nous irons jusqu'à la mosquée  où c'est l'heure de la prière. Nous croiserons quelques femmes voilées, discrètes.

Entre la rivière et la rizière il n'y a qu'un d'écart ! Nous continuons notre visite sur un petit canal. Les maisons sur pilotis qui la bordent sont simples et rafistolées. Des hommes jettent leur filet carré dans l'eau marronneuse.

Retour en terre ferme, vers le marché. En soirée, nous nous délectons de quelques fruits, gâteaux, tamarins sucrés/ salés, milkshake ou jus de noix de coco, poulet ou poisson grillés. Nous traversons un jardin à la française, et au lit !

Ah non ! J'allais oublier notre incursion dans un centre commercial flamboyant et flambant neuf, plein de produits sucrés et tentants pour les Vietnamiens, qui sont là en famille, mais pas trop d'envies pour nous. Too much !

Nous sommes sauvées par Pascale qui écrit en vietnamien "des bonbons à la menthe" car la vendeuse ne veut même pas comprendre ce qu'elle s'efforce de prononcer. Comme si des noï fap (étrangers) ne pouvaient pas parler vietnamien.

Jour 26, Lundi 21 novembre

Je n'ai pas pu me lever à 5h30. J'ai passé une mauvaise nuit et je ne me sens pas assez en forme pour affronter le programme choisi : une heure en moto pour aller se promener dans la réserve ornithologique de Tra Su. Dommage ! Il faut savoir s'écouter de temps en temps, n'est-ce pas ? Pascale et Nelly me raconteront. J'en profite pour dormir, malgré la route passante, où les camions klaxonnent sans répit.

Je farniente et me décide à prendre l'air (il y en a ici) vers 11 heures. J'ai reçu un panier repas de notre guide. Je m'attable. Plus tard, je succombe à la tentation de faire du vélo pour aller au centre-ville. Avec un casque bien sûr ! Conduire ici demande la plus grande vigilance : c'est le plus gros qui passe d'abord. Il en vient de partout et même à contre-courant. J'arrive saine et sauve au marché, où je m 'assois pour prendre un café au lait glacé. Je sais commander ça ! La glace pilée qui remplit la moitié du verre provient d'une livraison quotidienne de glaçons d'usine. Donc, nous avons bu des boissons et jus glacés sans appréhension ni modération.

Clichés du marché

 

Dans l'après-midi, je suis assez en forme et notre guide revient me chercher pour aller au mont Sam, à  6 km, partie de visite manquée ce matin.

 

C'est l'un des sites les plus sacrés, lieu très vénéré dans le delta et très ancien. Le temple Phat Thay Tay An,  grouille de bouddhas,  couchés,  assis,  allongés,  souriants,  bienheureux,  dorés,  argentés, en bois,  aux couleurs vives,  dans des grottes,  dans des recoins,  dans de grandes salles, sous des arbres ...

(Voici les fameux bouddhas)

C'est un endroit mystérieux, plein de grottes et d'escaliers, d'arbres et de petits jardins.  C'est un endroit paisible, perché sur une colline, d'où nous apercevons le Cambodge 🇰🇭au loin, à l'ouest, après les rizières vertes du Vietnam.

J'y suis allée en moto, seconde expérience de la journée, plus grisante que la première ! Peut-être plus dangereuse aussi.

Retour à l'hôtel ; dîner de fruits de mer en ville.

 

Jour 27, Mardi 22 novembre

Goodbye Vietnam. Xing Chao !

On dirait le sud ... c 'était pourtant bien...on aurait pu vivre...plus d'un million... de jours de notre voyage.

Je n'ai pas encore parlé ...

De quelques mots que j'ai retenus, sans mettre le ton bien sûr

Délakasi ? combien ça coûte ?

Café da, café glacé

Kam eun, merci

Mot, haï, ba : un, deux, trois

 

Le temps file et voilà ...

Nous quittons Chau Doc vers 7h15 en bateau rapide. 45 km/ h. Sur le Bassac, puis sur le Mékong. Il pluviote. Le ciel est couvert, mais une éclaircie semble poindre au loin. De petits oiseaux, tels des hirondelles, virevoltent au-dessus de l'eau et nous accompagnent. Le fleuve est large, bordé de vert. L'eau est brunâtre. Accostés aux berges, quelques bateaux de transport fluvial font leurs affaires.

Finalement, un gros grain s'abat sur nous. Le bateau tangue. Où sont les gilets de sauvetage ?

Nous nous arrêtons au poste-frontière vietnamien, après une heure de navigation. Check out. Le capitaine s'occupe de tout.

Nous repartons 45 mn après, vers le poste d'entrée au Cambodge. Chek in. Là encore, 45 mn, mais cette fois nous sommes photographiés et on nous 

prend nos empreintes digitales. Waouh ! La pluie s'est calmée sur le Mékong. Rien ne dure. Nous approchons de Phnom-Penh. Il est 12h30.

 

C'est la mère Mékong qui a retrouvé son Mékong...

PPNH vu de bateau !😎

Pour la petite histoire, pour ceux qui ne la connaissent pas, j'ai travaillé au Cambodge de 1994 à 1996, à la faculté de médecine, comme professeure de français, employée par le centre culturel français. J'écrivais à cette époque une lettre qui s'appelait La mère Mékong. J'avais aussi vécu et travaillé en Thaïlande (1990-1994) et au Laos (1996-1998), d'où le choix de ce nom.

J'y suis revenue, en 1999 chercher Tim, puis en 2005, avec Tim. Mais je ne suis pas sûre de reconnaître le Phnom Penh où j'ai vécu !

Déjà, nous apercevons au loin de grands buildings, des grues géantes, de gros bateaux qui chargent du sable sur une île aux abords de la ville...une grande roue...de grands hôtels ... plus nous nous rapprochons, plus tout me paraît démesuré.  Je cherche des yeux le FCC, Foreign Correspondant Club, sur la promenade face au quai Sisowath. Je reconnais au loin l'hôtel Cambodiana. Nous débarquons, et des chauffeurs de

tuk-tuk (prononcer touk-touk) nous accaparent gentiment. J'essaie quelques mots de khmer. Mes souvenirs sont lointains, je n'ai pas révisé avant de venir, c'est quelque part dans un tiroir de mon cerveau, bien rangé, mais dans quel tiroir ? On va trouver, juste une question de temps.

On dirait qu'il fait plus chaud qu'à Chau Doc.

Le chauffeur de tuk-tuk nous conduit à notre guest-house, proche du centre avec une piscine sur le toit ! C'est comme ça, Phnom Penh (PPNH).

Après un break fast, nous partons à pied pour re-découvrir cette ville.

La veille ville en un cliché !

PPNH by night au Palais Royal

Que vous dire ? Ce qui est nouveau, ce que je ne reconnais plus, ce qui a disparu ? Pleurer le temps passé ou venter les mérites de la modernité ?

Vous racontez ce que je vois, mes impressions.  Je cherche mon ancien appartement, c'était un petit immeuble de 3 étages.  Il n'est plus là. L'orphelinat, il a été rasé pour construire une banque ! La faculté de médecine, elle est difficile à trouver...il ne faut plus chercher, il faut voir toutes les voitures qui circulent sur le boulevard Monivong ou l'avenue Mao Tse Tougn, les feux, et pas de klaxon.  Pratiquement plus de cyclopousse, plus de vélo. Des trottoirs un peu refaits de grosses dales (mais pas vraiment accessibles), de grands buildings avec centres commerciaux, banques ou hôtels. Et même un ministère pour lutter contre la corruption ! Avec beaucoup d'étages et de lumières qui scintillent dans la ville. Les anciennes maisons coloniales disparaissent petit à petit, certaines sont en très mauvais état.

Nous marchons sur les quais. Il bruine de plus en plus. C'est le crachin. J'étrenne ma cape de pluie, achetée le premier jour à Hanoï et qui est trop lourde. Nous finissons la journée dans un bar au premier étage avec vue sur le Tonle Bassac (au rez-de-chaussée on regarde du foot) et les bateaux illuminés qui emmènent les touristes. Ça me fait plaisir d'être là !

😍

Jour 28, mercredi 23 novembre.

Marché russe. On l'appelle ainsi en raison de sa forte fréquentation par les expatriés russes, qui étaient majoritaires à Phnom Penh dans les années 80, époque de l’occupation vietnamienne. C'est un marché couvert, il grouille de clients, revenus après le covid, et on y transpire déjà ce matin sous les taules ondulées.

On y trouve de l'outillage, comme cette boutique qui ne vend que des vis et des boulons, des colorants à peintures, des copies de livres, des produits électriques, des objets en vannerie... Les visiteurs étrangers y viennent pour les les vêtements, souvent des invendus de marques fabriqués au Cambodge, et bien sûr des souvenirs de toutes natures, bibelots, antiquités plus ou moins vraies, bijoux et objets en argent, soieries, etc... c'est pour ces dernières que nous craquons (encore !). Nous fouillons, fouinons, farfouillons à  la recherche de souvenirs exotiques. L'endroit a été rénové depuis l'époque où je vivais là. La glace est faite en usine et moulée, la vaisselle est faite avec de l'eau courante et je n'ai vu aucun rat ! Du coup, nous sommes en confiance pour déguster un jus de fruits frais. Délicieux !

Il n'y a plus non plus de personnes "estropiées " ou "éclopées "qui mendient et nous titillent les sentiments (et qui étaient très nombreuses). Où sont-elles ?

L'après-midi, nous filons au musée national du Cambodge qui est le plus grand du pays.  Ce vaste bâtiment témoigne de la richesse historique et artistique de la civilisation khmère. Lui aussi a été rénové et c'est un grand plaisir de redécouvrir les collections de statues et de figurines, autrefois entassées, aujourd'hui mises en valeur. La cour intérieure verdoyante est un havre de paix s'ouvrant autour des bâtiments rouges. Nous y flânons un moment.

 

Quelques clichés des lieux ..

Avant de retrouver le tumulte de la ville. En fait, les klaxons semblent interdits. Les chauffeurs sont zens. Nous rentrons à pied, malgré les quelques gouttes. Les rues quadrillées ont changé, mais pas vraiment. Des trottoirs ont été refaits, des vieilles maisons ont été rasées, mais le vieux marché est toujours là avec des fils électriques qui courent partout et des installations ubuesques.

Lim, mon ami cambodgien, mon ancien professeur de khmer et sa femme Riya nous ont donné rendez-vous vous pour aller dîner. Après la traversée du nouveau pont, assez embouteillé,  nous allons dans un restaurant assez calme, au bord du fleuve (Tonle) Mékong. Nous nous régalons encore une fois.

La réunion des amis ! 

Jour 29, jeudi 24 novembre

Départ à une heure raisonnable pour nous rendre au musée de Tuol Sleng, qui compte parmi les sites les plus visités par les touristes locaux et étrangers au Cambodge. Cet établissement, après avoir été un lycée, fut converti en un centre de détention surnommé S-21. Ce site a marqué l’histoire du Cambodge et témoigne de la barbarie des Khmers Rouges à l’époque. Je ne m'étendrai pas plus sur le sujet, sinon que ça remue les tripes. Et que l'audioguide nous raconte cette époque et les témoignages avec beaucoup de sobriété.

Nous voulions visiter l'après-midi le Palais royal. Mais il est fermé au public.

Sur l'esplanade devant le palais, des touristes cambodgiens et leurs enfants qui courent après des pigeons se font prendre en photo. Des moines en orange s'approchent et reçoivent l'aumône. C'est paisible.

Occupant 18 hectares de long, le Palais Royal est la demeure des souverains du Cambodge depuis sa construction. On peut apercevoir par-delà des grilles la beauté de l’architecture khmère.

Construit par étapes au fil des décennies, le Palais royal fut à l’origine conçu par un architecte khmer et réalisé avec l’aide du protectorat français en 1866. Il fut édifié sur les ruines d’une citadelle bâtie par le roi Ang Chan II en 1813 en face de Chaktomouk, point de confluence où le Mékong se sépare en deux et forme 4 bras avec les rivières Tonlé Sap et Tonlé Bassac.

Nous marchons vers notre hôtel en faisant étape au marché central.

Entièrement coloré en jaune, le marché est un grand monument qui dispose d’un gigantesque dôme et de quatre ailes. C’est un bâtiment de style art déco qui marque la période coloniale française, durant laquelle, il a été construit. On y trouve des produits de luxe, aussi bien que des vêtements ou de la nourriture. Mais aussi des souvenirs tels que le foulard tissé traditionnel cambodgien, , le krama. Pas le karma, même s'il est bon avec un joli krama ! Au marché, vous pouvez aussi y goûter le plat populaire cambodgien comme le Amok Trey. Il s’agit d’un filet de poisson recouvert d’épices et enveloppé dans une feuille de banane. J'adore ! Il y a aussi les desserts colorés, mix ruby, qui nagent dans le lait de coco, et dont je ne connais pas le nom. On a envie de tout goûter.

Début de soirée, nous filons à l'institut français du Cambodge, que j'ai du mal à retrouver. Là encore, bâtiments récents, modernes. Nous assistons à un spectacle de danse traditionnelle cambodgienne. Le public, de jeunes étudiants cambodgiens pour la plupart, est charmé. Nous aussi. Les costumes, les masques, les musiciens, tout nous charme et nous enjoue. C'est magnifique, gracieux. Même si nous n'avons pas tout compris.

 

Jour 30, vendredi 25 novembre

Happy Chandara,  Toutes à l'école, c'est une association française, que je parraine depuis des années. Elle  a été créée par Tina Kieffer, en 2006,  pour favoriser l'éducation des filles, qui généralement restent à la maison et aident leurs parents démunis.

Les écoles se trouvent à une vingtaine de kilomètres de PPNH. Nous prenons un taxi pour nous y rendre. Nous sommes accueillies par Thary, francophone, qui nous fait visiter les lieux. Les écoles de la maternelle au lycée sont magnifiques, bien entretenues, calmes. Il y a un jardin en permaculture où les parents viennent prendre modèle ; il y a un internat, un cabinet dentaire, où des bénévoles viennent prodiguer des soins, mais surtout...  il y a des petites filles au sourires espiègles, avides de communication et de câlins. Très beau moment. Le projet tourne bien, s'enrichit chaque année et certaines filles réussissent bien dans leurs études supérieures.

Preuve en image !

Tous vos dons seront les bienvenus car c'est avec de petites pierres qu'on fait de grands édifices !

Au marché russe, nous récupérerons nos pantalons cousus de fil blanc, vite faits. Nous retrouvons ensuite Lim, qui se fait un plaisir d'être notre guide au Wat Phnom.

Selon la légende, le Wat Phnom fut construit au 14ème siècle pour servir d’abri aux statues de Bouddha. Ce fut Daun Penh, une vieille femme riche qui découvrit quatre statues de Bouddha en bronze et en pierre dans un tronc d’arbre échoué sur les berges du Mékong. La vieille femme aurait ensuite placé les statues dans un sanctuaire provisoire sur la colline, près de sa maison. Elle utilisa le tronc d’arbre comme charpente. Ce n’est qu’après qu’un monastère fut fondé à l’ouest de la colline.

La colline fut alors nommée « Phnom Penh », ce qui veut dire « La colline de Penh ». C’est de cette manière que la ville prit ensuite son nom. Mais elle ne fut fondée que quelques années plus tard autour du temple de la colline : Wat Phnom. En 1866, sous le règne de Norodom Ier, la ville obtint le titre de capitale économique et politique du Cambodge.

Les singes, les chats, les chiens, les toucans vivent aux environs de la colline. Les chiens deviennent des animaux de compagnie et ne sont plus dégustés. Les chats chassent les rats, les toucans mangent les offrandes et les assiettes en carton, et les singes font le tri sélectif dans les poubelles ! De notre toit d'hôtel, nous les voyons aussi sauter de branches en branches, et rentrer chez les gens aux fenêtres ouvertes. Il faut être vigilants.

Les petits vendeurs ambulants sur les trottoirs ne sont plus très nombreux, il y a surtout des restaurants ambulants.

Nous nous retrouvons ensuite au cœur,, là où se trouvent les bâtiments emblématiques du protectorat français : gare, poste résidence générale, trésor public, ex- hôpital militaire... nous arrivons au musée de l'Économie de la monnaie Sosoro. C'est un nouveau, utilisant les nouvelles technologies et faisant l'apologie du développement économique et partisan. Il fut inauguré par le Premier ministre Samdech Techo Hun Sen le 8 avril 2019. Le musée se concentre sur le système économique, politique et monétaire de l'ère du Funan (ou Nokor Phnom) jusqu'à nos jours.

C'est notre dernière soirée à PPNH. Nous dînons au bord du Tonle Bassac. Il fait encore 31 degrés. J'ai un petit pincement au cœur.

Jour 31, samedi 26 novembre

 Départ pour Siem Reap ...

A suivre...   Chapitre 7. Un ou deux pays du sourire 

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C
Encore un épisode très intéressant et très riche en histoire, en anecdotes et en expériences personnelles. Merci de nous faire partager tout cela.<br /> Bisous et bonne continuation.
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S
Merci pour ce post...il me touche beaucoup et je pense à mon ami Shana que mes parents ont pris sous leurs ailes lorsqu'il est arrivé en France apres avoir fuit le Camboge lorsque les kmehrs rouges faisaient régner la terreur. Ils nous a tellement parlé de sa vie, de son pays, que tes mots reveillent en moi cette periode de ma vie de jeune française où j'ai pris conscience de l'importance de savoir partager notre chance d'être libres et heureux...et dapprendre à regarder au dela de nos frontières la vie des autres avec empathie.<br /> Merci pour ces beaux souvenirs partagés!<br /> A tres bientôt...<br /> Bises
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