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La Mère Mékong

Les nouvelles aventures de Patricia, hic et nunc

Chapitre 7.  Un ou deux pays du sourire

Publié le 4 Décembre 2022 par Patricia

Chapitre 7.  Un ou deux pays du sourire

 

Jour 31, samedi 26 novembre

Départ pour Siem Reap ...en minibus. C'est long, nous sommes au fond du bus, ça secoue et il n'y a pas de place pour les jambes. Mais je préfère cela à être devant !

Nous arrivons après six heures de route et une pause-déjeuner.

Nous sommes logés à trois kilomètres du centre ville, chez mon ami Lim, qui a mis  deux studios à notre disposition.

Nous ne sommes pas loin des champs, au bout d'un chemin de terre rouge. Nous sommes au calme. Mais il fait très chaud dans les chambres. Avec un beau panorama !

Nous nous acoquinons avec le chauffeur de tuk-tuk, Ny, pour qu'il revienne demain nous conduire sur le site des temples.  Nous nous promenons en ville  Pascale et moi,  laissant Nelly chercher un guide en Français pour visiter le Cambodge.

Il y a une " rue de la Bière " et plein de stands à souvenirs,  des glaces ,  des crêpes banane-Nutella, ... une sorte de fête foraine, et des restos sur rue avec des néons et de la musique pour attirer le chaland. Burk ! Nous passons vite. Des chauffeurs de tuk-tuk nous hèlent, "tuk-tuk Madame ?" Nous attendons Nelly à la terrasse d'un petit café, comme convenu, où elle ne nous retrouvera pas. Heureusement,  Pascale se connecte d'un autre café et nous nous retrouvons pour dîner. Il y a aussi un marché de nuit, avec plein de souvenirs à acheter ou à regarder seulement.

Siem Reap s'est beaucoup étendue ; le village d'autrefois a fait place aux supers hôtels,  aux supers marchés, aux grandes avenues et à la circulation de beaucoup de touristes, de cars et de tuk-tuk'S.

 

Jour 32, dimanche 27 novembre

Pascale a mal dormi,  elle se sent fiévreuse et choisit de se reposer aujourd'hui.

Nelly et moi avons rendez-vous avec le chauffeur à 4h45, oui, oui, pour rentrer dans le parc à 5 heures,  heure d'ouverture des guichets.

C'est un organisme privé,  dans un grand bâtiment très moderne qui gère la vente des tickets, un peu à l'extérieur de la ville.

Depuis le Covid, les prix ont grimpé. Et les touristes chinois ne sont pas encore revenus. 62 dollars pour 3 jours de visite, plus le tuk-tuk à la journée, encore 20 dollars, c'est pas donné. Du coup,  on en veut pour notre argent. Les prix sont indiqués partout en dollars et en riels depuis...de nombreuses années.

Nous fonçons vers la montagne Phnom Bakeng, pour assister au lever du soleil. Il est déjà 5h45 quand nous commençons notre marche dans la nuit. Quinze minutes environ. Nous sommes accompagnées par le chant des oiseaux. Il y a beaucoup de cambodgiens qui sont venus honorer les divinités. Tout le monde nous salue, nous sourit. Il y a même une femme qui écoute Boney M. à fond la caisse. Un peu de respect,  fichtre !

En haut,  où il y a peu de monde, ce sont les vestiges d'un petit temple qui résiste au temps. Nous imaginons où se trouve Angkor wat, mais nous ne voyons que la forêt devant nous, à perte de vue. Et un ballon voyageur aussi. Le soleil apparaît vers 6h10. A 6h15, il a déjà bien entamé sa course. Nous redescendons.

Direction Angkor Tom et la porte sud. Que nous franchissons à pied, sous le regard des guerriers de pierre.

La Terrasse du roi lépreux et la Terrasse des éléphants, je ne me souviens pas les avoir vues autrement qu'en restauration. D'ailleurs, ce n'est pas fini.

Ni le Baphuon, derrière.  Là,  nous pouvons grimper dessus. Il n'y a personne car il est juste 7h30. L'impression de faire une découverte.

Le Bayon, j'adorais le  Bayon, avec tous ses visages souriants,  inspirants.  Il

 

s'effrite,  s'effiloche, subit les affronts du temps, des intempéries, des chauves-souris à l'urine acide...Il reste encore de nombreuses fresques à regarder, des apsaras danseuses qui nous charment,  des yogis qui nous narguent tranquillement. Mais la horde de touristes arrive juste. Nous décidons alors de retourner à la maison pour une petite sieste.

Départ 15h30 pour le Ta Prohm, toujours à deux. C'est le temple de Tomb Rider, avec Angelina Jolie. C'est toujours aussi joli,  les pierres envahies par les racines des arbres. Il fait presque bon.

Je ne vous raconterai pas l'histoire de chaque temple, ni leur structure. Je laisse  ça aux sites spécialisés. Mais c'est toujours une merveille du monde, la 8e,  à découvrir rapidement. Bientôt, dans 30 ans (peut-être), beaucoup de pierres seront tombées, et les touristes ne pourront qu'admirer de loin ou bien virtuellement. Grandeur et Décadence d'Angkor. Et pourtant les travaux de restauration ou de maintien de l'état sont menés activement.

 

Quelques clichés de TaProm actuellement :

 

 

 

 

Jour 33, lundi 28 novembre

J'ai dû aller à Angkor  au moins  cinq ou six fois,  mais ce n'est jamais pareil.

Nous arrivons à Angkor wat  (classé patrimoine  mondial depuis 1992) avec un guide à 7h30.

Ce temple hindouiste fut construit  début XIIe siècle par Suryavarman II  pour honorer la divinité Vishnou. Il fut adapté au bouddhisme vers la fin du XIVe siècle. Aujourd’hui, des moines

 

bouddhistes viennent encore en pèlerinage sur le site.

Pascale aussi est là sur le site et sur pieds. Nous passerons ici trois heures, explorant les petits détails,  allant dans les recoins oubliés , prenant des photos du meilleur point de vue. Mais surtout,  en constatant que les marches pour grimper au sommet sont usées, qu'un escalier de bois a été installé et que les touristes doivent l'emprunter à tour de rôle. Limiter l'usure !

Grâce à Norodom Sihanouk, la cité d’Angkor Wat bénéficie d’un programme de conservation très bien pensé. Suite à son annonce, l’UNESCO a déclaré que le temple était classé dans la liste du patrimoine mondial en péril. Cet organisme mondial a donc lancé en 2004 un appel à la communauté

 

internationale pour soutenir la conservation. Depuis, la France, le Japon et la Chine ont répondu présents et contribuent fortement à ce projet national.

 

 Nous déjeunons dans un petit restaurant sur place, et nous nous offrons le luxe d'une sieste en hamac.  Nous repartons fraîches et disposes pour explorer Preah Khan (celui des 2 frères, de JJ. Annaud) puis Neak Pean avec son bassin sacré ;

Puis encore Mebon oriental  temple hindouiste datant du Xe siècle. L'entrée de ce sanctuaire central est gardée par deux statues de lions symétriques, qui, dans les croyances hindouistes, protègent les lieux face aux mauvais esprits. Nous pouvons aussi observer des éléphants aux 4 coins de la première terrasse.

La brique, la latérite, et le grès, sont, comme pour la plupart des temples angkoriens, les matériaux principaux. Dîner en ville, comme hier.

 

Une vraie touriste sur les bords ! 

 

Double dose de temple!

 

Jour 34, mardi 29 novembre

Encore des temples, on pourrait faire une overdose. Mais il sont tous différents. Avec le temps et les saisons, avec les souvenirs et les personnes qui nous accompagnent.

Aujourd'hui, nous allons en taxi à air conditionné. C'est presque obligatoire !

Notre chauffeur nous arrête pour prendre un petit déjeuner...dans une station-service. Je crois qu'il croit que les barangs ne mangent que des croissants et ne boivent que du café le

 

matin.  On s'en accommodera très bien. Kbal Spien est à 56 km .

Célèbre pour être le temple des 1000 lingas, sculptés le long  de la rivière. On dit que les lingams sont aussi des représentations phalliques sacrées appartenant au brahmanisme. Ils symbolisent la fertilité et certains d'entre eux sont sculptés dans la roche. Ces sculptures datent du XIe et XIIe siècles et ont été creusées par des ermites.

Il faut marcher et grimper un peu, sur 1800 m. Pour arriver à la rivière et à une cascade. Je m'y rafraîchis volontiers.

Nous traversons la forêt  ; les oiseaux chantent et nous enchantent ; les grillons font des bruits de scie sauteuse. Curieuse image, mais c'est un bruit très surprenant ! Les lianes et les racines

 

des arbres nous entourent. Le lieu est magique. Il y a peu de monde,  quelques gardiens. 10h30,  il est temps de redescendre. Repas dans un boui boui local.

Banteay Srey , n'est qu'à une dizaine de kilomètres de là, à 20 km de Siem Reap.

Banteay Srey, qui signifie la citadelle des femmes ou de la fortune, est un temple hindouiste datant du Xe siècle.

Depuis sa construction, il fut entièrement dédié à la divinité Shiva  également connue sous le nom de Tribhuvanamahesvara ou le Seigneur des Trois Mondes. De grès rose et de latérite, c'est  un petit temple,  mais un joyau. Il reste quelques scènes de la mythologie hindoue sculptées sur les frontons, d'une précision magnifique.

Pour finir,  nous retournons vers Angkorpour voir Ta som.

C'est un temple bouddhiste, très petit, construit par Jayavarman VII.  Les deux portes  qui cernent ce temple sont magnifiques. La plus connue des deux, c'est la porte orientale couronnée par la typique capitale angkorienne. La porte orientale  complètement écrasée par un arbre est surprenante. Quand vous la traversez, vous pouvez voir comment les racines entrelacent avec le cœur de la pierre. L'endroit est surprenant, mais hélas,  un arbre a déjà dû être coupé. Snif !

Moi chez les bouddhistes !

 

En fin d'après-midi,  je pars faire des photos en ville. Scènes de rue : étudiants à la sortie d'école, coiffeurs,  professionnels de la récupération,  étalages colorés,  maisons des esprits... tout m 'attire et retient ma rétine. Le soleil descend, j'aime cette lumière.

 

Jour 35, mercredi 30 novembre

Départ  à 8h30 en bus "deluxe " pour Battambang. Je pars seule. Pascale va regagner PPNH puis Paris dans quelques jours.

Nelly veut continuer l'aventure au Cambodge.

Nous ne sommes plus sur la même longueur d'ondes . Les directions divergent au fil du voyage et des envies. Pour ma part, j'ai choisi de passer les trois prochaines semaines en Thaïlande.

Battambang :

C'est la première fois que je viens ici.

Dans le bus, il n'y a que 6 touristes.

Je suis assise à  côté d'une allemande.

ça ressemble à ça! 

Nous échangeons des tuyaux et des boulons,  euh non, des impressions. Quand elle me dit que sur son téléphone elle peut toujours se géolocaliser pour ne pas se faire transporter n'importe où, c'est marrant car je n'aurais jamais pensé pouvoir me faire trimballer ailleurs ou n'importe où ! Suis-je trop confiante ou trop naïve ?

Beaucoup de femmes cambodgiennes reviennent avec leur progéniture de l'hôpital régional spécialisé pour les enfants. Je crois qu'il n'y a que trois hôpitaux pédiatriques gratuits au Cambodge.

Nous déjeunons sur la route juste avant d'arriver. J'ai remarqué qu'il y avait beaucoup de poivre dans la nourriture. Même pour la soupe claire. C'est le poivre de Kampot ! Richesse du pays,

 

avec le caoutchouc et les rubis ! Mais y en a pas trop dans la soupe.

Arrivée dans ma chambre d'hôtel,  le soleil donne bien. Il y a un ventilateur mais pas  de climatiseur (bien  que je ne dorme jamais avec) pour rafraîchir la pièce. Il y a aussi interdiction de fumer et de manger du durian !

 

Vieux marché, rues quadrillées,  j'ai du mal à trouver une agence qui vend des billets de bus pour aller à Poipet, à la frontière avec la Thaïlande.

 

Je retrouve le chauffeur de tuk-tuk qui m'a accompagnée ce midi depuis la station de bus. Je négocie pour une visite cet après-midi et une autre demain matin. Quand on voyage seule,  c'est le prix plein pot qu'il faut payer, et

 

l'essence coûte cher, et il n'y a pas beaucoup de touristes,  etc.

J'opte donc pour le coucher du soleil à Phnom Sampov Killing et la grotte des chauves-souris. La fameuse grotte : 

C'est à une quinzaine de kilomètres de la ville, sur une route à moitié défoncée et poussiéreuse.

Phnom Sampov se compose de nombreuses grottes de montagne attirant des touristes du monde entier. Mais leur beauté naturelle contraste aujourd'hui avec leur sombre histoire en tant que «grottes de la mort» de l'ère des Khmers rouges. Au sommet de la colline, on peut admirer les plaines environnantes. On peut voir aussi des temples, des statues de bouddha et de guerriers.

  La plupart des touristes viennent à l'heure du coucher de soleil  pour observer les chauves-souris émerger par centaines de milliers d'une grotte et s'envoler en nuage noir vers le lac Tonle Sap. Ça dure au moins une vingtaine de minutes. Impressionnant !

 

Retour à 18h30. Mon chauffeur ne veut pas venir à 7h00 demain matin. Il habite à 9km dit- il et il préfère 8h.

Je trouverai quelqu'un d'autre !

 

Jour 36,  jeudi 1er décembre

Déjà décembre, et rien ne montre l'automne ici ! 32° C en journée, 26 la nuit. Et c'est pourtant le début de la saison froide (?).

Il fait chaud, et lourd, et j'ai dormi, avec le ventilateur  et la fenêtre ouverte ; mal dormi !

 

Debout à l'aube, au 1er chant d'un muezzin, je traîne. Vers 8h, le patron de l'hôtel me propose son tuk-tuk pour une balade touristique. Ok. Dès qu'on sort de la ville,  c'est la campagne,  c'est le Cambodge profond, la petite maison dans la prairie, les animaux qui dorment au milieu de la route de terre rouge, route pleine de nids de poule, le linge qui sèche sur les clôtures, des dames sur  leur moto sous leur parasol qui vendent des sachets de fruits ou du riz dans des bambous... des vaches maigres qui broutent au bout d'une  corde dans un champ plein de cailloux...des gens pour qui c'est les vaches maigres et qui cassent des cailloux...et qui ont d'autres préoccupations que la protection de la planète.

Les ordures brûlent au bord de la route. Ça sent le plastique.

Les enfants s'endorment dans un hamac avec un téléphone portable pour les bercer, les vieux gardent la pagode avec aussi le téléphone dans la main ; même les bonzes sont connectés !

Le développement est arrivé ici, par les panneaux publicitaires ventant telle marque de bière ou de boisson énergisante, avec les toits en taule ondulée,  grâce à la communication et à la mode. J'ai aussi vu des réverbères alimentés par le soleil.

Au milieu des rizières,  en bord de route, un bibindum nous fait des signes pour nous arrêter. Là,  on vend des lots, pour habiter. Il n 'y a rien autour.

 

J'arrive à Ek Phnom, à 12 km au nord de Battambang, sur la rive gauche de la rivière Sangkae, où se trouve une ruine d'un temple de l'architecture angkorienne hindouiste (datant du XIe siècle). Il est entouré d'un large baray, un étang qui fait généralement le tour d'un temple.

Voici les ruines :

Il a aujourd'hui été en grande partie réduit en ruines, il a souvent été la cible de pillages. Les visiteurs ( mais j'étais seule) doivent escalader des maçonneries effondrées et d'énormes blocs de pierre en grès pour traverser le terrain. J'ai presque dérangé le gardien qui était là-haut, dans l'ombre du donjon et la fumée de l'encens. Ambiance ! Il reste cependant un joli  linteau représentant le barattage de l'océan de lait, visible au-dessus de l'entrée est du temple central.

Derrière se trouve une statue de Bouddha contemporaine de 28 m de haut. Impressionnante.

Le chauffeur m'offre une jolie fleur de banian, l'arbre sacré sous lequel Bouddha a trouvé l'illumination. Délicate et   surprenante.

Et nous continuons notre visite vers la route des artisans.

Ce sont d'abord des femmes qui tissent des nattes en paille !  L'homme regarde. Il m'a dit qu'il savait faire aussi. La technique se perd ;  elles vendent aux villageois principalement ; maintenant on fait ça en plastique, made in China.

Puis, plus loin, nous rencontrons une femme qui fait des galettes de riz avec sa fille. 70 galettes, mises à sécher au soleil, sur un cadre en bambous. 2000 galettes par jour. Pour faire des rouleaux de printemps. Je suis reçue avec des

 

sourires et de la bienveillance. Je leur baragouine les quelques mots qui me sont revenus et c'est un bon moment.

Mais où sont les hommes dans ce village ?

"Atelier Galette"!

 

Retour à Battambang à 9h45. C'est tôt ! Je profite de ce temps pour arrêter de faire plein de choses. Je profite de la piscine de l'hôtel.

Check out à midi.

J'achète du riz et une omelette au marché que je mange au bureau de réservation des billets en attendant mon transport.

13h10. Voiture collective : le chauffeur,  un jeune passager devant, qui écoute son téléphone avec  le son ON et fait une visio avec sa copine,  un vieux monsieur qui tousse, qui crache et

 

s'essuie la main sur la portière, une dame à côté de moi qui ne s'assoit pas au fond de la banquette,  et moi, qui ai chaud, j'ai le soleil de mon côté,  qui ai mal au ventre  depuis plusieurs jours (mes boyaux me font du tort ou tord) et à qui le régime riz-bananes ne fait strictement rien. Je ne suis pas du tout détendue. Nous avons tous un masque ! Vaut mieux, mais avec cette chaleur,  c'est pas une sinécure. Nous allons à Poipet, à trois heures de là environ. Le jeune à mis ses oreillettes, la dame s'appuie au fond, le  vieux a croisé les pieds sur la banquette. Je pique du nez, sauf qu'une boîte en polystyrène dans le coffre grince.

La route est  bonne maintenant. La clim n'est pas à fond. Le chauffeur fait au moins du 80. C'est une quatre-voies, la

 

nationale. Des champs sont inondés, d'autres  sont très verts.

De temps en temps, nous croisons un bâtiment ou une maison qui porte la mention "Parti démocratique du Cambodge ".

Au bout d'une heure,  on s'arrête au milieu de nulle part. Pas de buisson, juste un canal. Les trois hommes ont la prostate qui les chatouille. Et nous les femmes alors ? On traverse une voie ferrée. Les trains se font rares de nos jours. La dame est la fille du vieux monsieur, elle revient de l'hôpital et habite à côté de Poipet. Un panneau indique "attention,  traversée de vaches !". Pour le moment, la route s'est rétrécie et il y a beaucoup de camions. Et des motards qui portent un casque intégral. Ça doit être obligatoire ! Je n'ai pas encore crié.

14h40, mon alliée et son père sont arrivés à destination. J'ai toute la banquette pour moi et je vais sentir la clim peut-être.

15h20. Poipet! Je passe la frontière. A pied. Très chargée.

Je quitte ce soir un nouveau pays du sourire pour entrer dans un ancien pays du sourire. Le Cambodge mériterait qu'on s'y arrête autant qu'en Thaïlande. 

Je trouve que les cambodgiens ont changé (c'est normal, le Mékong aussi a coulé sous les ponts).  Ils sont moins timides, ils parlent plus anglais et les jeunes osent nous faire "coucou , hello, what's your name ?". Ils ont moins peur d'aller vers l'inconnue.

Ce que je préfère ? Ai-je la nostalgie du temps passé ? Du c'était mieux avant ?

Mes souvenirs sont partiels,  anecdotiques, et peut-être déformés par une idéalisation. C'était une découverte pour moi, l'Asie, il y a ...quelques années déjà. Je ne découvre plus ici avec des yeux émerveillés, mais je redécouvre avec une envie de surprise,  une envie de me dire "ah, oui,  il y a ça que j'aime toujours!" et qui fait que je suis bien ici, avec des gens avec qui je partage un instant ou plus.

 

A suivre,  chapitre 8 ...Djaï yen yen

 

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C
สวัสดี Patricia,<br /> <br /> Un texte généreux, sensible dans lequel on sent le changement de rythme puisque tu voyages seule désormais. Autres sensations, autres perceptions des choses, des gens, du monde. J'espère que ton séjour en Thaïlande se passera bien ... pour tes boyaux aussi !!!<br /> On attend la suite avec impatience.<br /> Bisous
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